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Construire sa base aérobie en début de saison

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Chaque année, c'est le même débat en bord de bassin : est-ce qu'on fait vraiment du volume en septembre, ou est-ce qu'on passe directement à l'intensité ? La réponse dépend du niveau de vos nageurs et de l'objectif de la saison, mais la logique physiologique ne change pas.

Pourquoi la base aérobie est non-négociable

La filière aérobie n'est pas utile qu'aux nageurs de fond. Même un sprinteur sur 50m récupère entre ses répétitions à l'entraînement grâce à sa capacité aérobie. Une bonne base aérobie signifie :

  • Récupération plus rapide entre les séries (moins de lactate résiduel)
  • Meilleure tolérance au volume d'entraînement en cours de saison
  • Capacité à maintenir la qualité technique sur des séances longues
  • Terrain fertile pour le travail seuil et lactique qui viendra ensuite

Négliger cette phase revient à construire sur du sable : les séances de qualité produiront moins parce que la base n'est pas là.

Ce que signifie « travailler l'aérobie »

En début de saison, l'objectif est de nager à une intensité où le système cardiovasculaire est sollicité sans production importante de lactate. En pratique : intensité 3 à 5 sur 10, rythme soutenu mais conversationnel, séries longues.

Les signaux que l'intensité est bonne :

  • Le nageur peut parler entre les répétitions
  • La technique se maintient sur la durée
  • La fréquence cardiaque se stabilise plutôt qu'elle ne s'emballe

Les signaux que c'est trop dur :

  • Accumulation visible de fatigue sur les dernières répétitions
  • Dégradation technique en fin de série
  • Impossible de récupérer en 30-45 secondes entre les séries

Structure d'une séance aérobie de début de saison

Volume cible par séance : 3000 à 5000m selon le niveau. Format des séries principales : répétitions longues (200 à 800m), départs espacés (1'30" à 3'00" selon la distance et le niveau).

Exemple de bloc principal (niveau régional) :

  • 4×400m NL, départ 6'00", intensité 4 — rythme régulier, pas de mort subite sur le dernier 100m
  • 300m récup nage libre souple, intensité 2
  • 6×100m 4 nages (25m par nage), départ 1'45", intensité 4 — maintenir le rythme sur les 4 nages
  • 200m retour au calme dos

Le piège du « volume à tout prix »

Accumuler du volume sans qualité technique, c'est entraîner de mauvais patterns. Si votre nageur nage 5km mais passe les 2 derniers kilomètres avec une posture cassée, vous consolidez des défauts.

La règle : le volume ne dépasse la capacité technique du nageur que marginalement. Dès que la technique s'effondre durablement, on coupe la séance ou on réduit l'intensité.

Progression sur la période

  • Semaines 1-2 : établir le volume de référence, intensité basse (3-4), priorité à la reconstruction technique après l'intersaison.
  • Semaines 3-4 : augmenter progressivement le volume (+10-15 % par semaine maximum), introduire quelques séries à intensité 5.
  • Semaines 5-6 : commencer à intégrer du travail seuil court (quelques 100m ou 200m à intensité 6-7 en fin de séance principale).

Au bout de 6 semaines, vous pouvez entrer dans une phase de développement avec des séances plus exigeantes. Sans ces 6 semaines, vos nageurs tiendront 3 semaines de travail intensif avant de décrocher.

Volume hebdomadaire indicatif (bassin 25m)

  • Débutants compétiteurs (4-5 séances/sem) : 15 000 à 20 000m/sem
  • Niveau club (5-6 séances) : 25 000 à 35 000m/sem
  • Niveau régional/national (7-9 séances) : 45 000 à 65 000m/sem

Ces chiffres sont des ordres de grandeur, pas des objectifs absolus. Un nageur qui reprend après une blessure repart à 50 % de son volume habituel.